Critique du roman Au Service de Sa Majesté la Mort – L’Ordre des Revenants de Julien Hervieux

Premier volume d’Au Service de Sa Majesté la Mort – L’Ordre des Revenants, nous plonge dans un Londres Victorien, où les créatures de l’ombre et autres croyances occultes sont bien présentes. Comme dans la réalité en fin de compte ! Mais elles ne sont pas au-dessus de tout. Julien Hervieux nous contant l’histoire de ce que l’on peut appeler les services secrets de la grande faucheuse.

Au Service de Sa Majesté la Mort - L'Ordre des revenants

Notre héroïne, la jeune Elizabeth Black, vivote comme elle le peut. Ambitionnant de devenir auteure dans ce Londres en 1887, elle n’a pour le moment point percé. En attendant, elle sert de plume ou de nègre pour employer un terme malheureux correspondant à son nom, à William Ward. Un journaliste partant à vau-l’eau.

Mais l’explicite titre Au Service de Sa Majesté la Mort – L’Ordre des revenants annonce un triste événement pour elle : son propre décès ! Pourtant l’on venait à peine de la rencontrer. Toutefois, après son enterrement, elle se sent plus que jamais vivante.

Au Service de Sa Majesté la Mort - L'Ordre des revenants

Emplie de joie, Elizabeth retournera vite à la réalité. Son bienfaiteur l’ayant extraite de sa tombe lui annonçant qu’elle est revenue à la vie, certes. Ceci dans un but précis, soutenir la mort. Elle n’a apparemment pas que cela à faire de venir chercher les gens ici, pour les amener de l’autre côté. Plus précisément, elle, ainsi que la bande qu’elle doit rejoindre, officiant dans l’espionnage. Pouvant devenir assez action, comme le plus célèbre agent au service de sa majesté la Reine d’Angleterre cette fois.

Les membres, on vous laisse les découvrir dans le livre pour éviter que vous n’y perdiez, ayant pour but de s’occuper des trompe-la-mort. Des personnes devant passer à trépas à telle date et qui pourtant survivent. Voire reviennent ! Cela se traduisant par différents biais. Là encore, l’on se passera de vous révéler quoi que ce soit. Nous en avons assez dévoilé en introduction, pour vous permettre de comprendre que tout est possible. Tant les créatures que vous pensiez imaginaires, que divers sorts venus de partout dans le monde.

On en apprend ainsi dès ce premier tome sur certain(e)s trompe-la-mort, mais également sur l’organisation des Revenants. Celle dont fait partie Elizabeth. Sans pour autant que quiconque ne sache pourquoi elle fut choisie et pas quelqu’un d’autre ou plusieurs autres, à l’heure où la prolifération de personnes se jouant de la grande faucheuse se fait intense.

Au Service de Sa Majesté la Mort - L'Ordre des revenants

Pour ce faire, comme nous vous le glissions, notre auteure en herbe, du coup elle l’a même mangée par la racine l’herbe, n’est pas seule. Tout en se gardant bien d’en dire plus sur la quantité, les noms et les caractères, afin de vous conserver le plaisir de la découverte. Nous ne citerons que le premier Revenant qu’elle rencontre : Duncan Mac… Duncan Turner ! Forcément, un Duncan revenu à la vie, enfilant les années comme des perles et ne vieillissant plus, cela prête à confusion.

La relation entre les 2 est troublante. Tantôt élève et guide, son grand âge accentuant le côté figure parentale. Tantôt collègue, peut-être amie et ami, voire plus ? Au Service de Sa Majesté la Mort – L’Ordre des revenants jouant grandement sur les liens entre ses protagonistes. Amenant autant d’humour, que de suspicions, voire de duperies. Surtout que la demoiselle doit se réinventer une vie, sans chercher à avoir de liens personnels avec celle d’avant. Dure règle à tenir. On profite également de la couverture illustrée par Sébastien Pelon, mêlant douceur des traits et sombre atmosphère.

Conclusion

Réussissant une alchimie idoine entre sérieux, investigation et drôlerie, dans une ambiance sombre, Au Service de Sa Majesté la Mort – L’Ordre des revenants nous capte ainsi via de multiples points. Mais c’est évidemment leur mix et non une banale juxtaposition, qui en fait une œuvre riche. On souhaite que la série de Julien Hervieux ne trépasse pas. Même si l’auteur la faisait revenir sous un autre biais, on aurait crainte que le contre-espionnage de la mort des livres ne vienne s’en mêler.