Test de Call of Duty : Advanced Warfare (Xbox One)

call-of-duty-advanced-warfare-listing-thumb-01-us-05may14

Advanced Warfare : énième épisode sans âme et sans cœur ? En légère baisse de régime, la saga des Call of Duty se devait de reprendre du poil de la bête. Pour ce faire, la licence a été reprise par un autre studio d’Activision. Infinity Ward laisse ainsi le studio Sledgehammer Games prendre la relève. Au programme, un conflit futuriste, le capitalisme, la modernité et le retour d’un solo plus copieux, d’un très sympathique mode coopératif et d’un multijoueur toujours aussi efficace. Prêt soldat ?

La guerre du futur ?

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1407780329-021

L’exosquelette et ses facultés inhérentes est la principale nouveauté du jeu. 

Pour donner un sacré coup de fouet à une série qui périclite, Activision a décidé de donner sa chance à un voisin d’Infinity Ward. Ce nouveau volet de Call of Duty a ainsi été entièrement développé par le studio Sledgehammer Games. Call of Duty Modern Warfare 3 avait, lui aussi, profité de leur savoir-faire aux côtés d’Infinity Ward mais c’est pour le premier opus de Dead Space que l’on connaît surtout ses deux fondateurs, Michael Condrey et Glen A. Schofield. Il est inutile de dire que le projet était d’emblée dans de bonnes mains pour se renouveler sur nouvelle génération.

Au niveau de l’histoire, ce Call of Duty : Advanced Warfare nous propulse dans un futur proche : en 2054. Vous prenez le rôle de Jack Mitchell. Ce Marines a été choisi pour participer à un conflit entre les Coréens du Sud et du Nord. Séoul devient ainsi la scène d’une guerre futuriste sans précédent. De quoi montrer la vision de l’armement nouveau et intelligent. Accompagné de son frère d’armes, Will Irons, Jack est très bien accompagné et se sent invulnérable. La mission ne se finit pourtant pas dans la joie et la bonne humeur. Le soldat perd son meilleur ami en même temps que son bras gauche déchiqueté dans une explosion.

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1415383970-035

La participation de Kevin Spacey au projet donne naturellement un plus indéniable. Le voici dans une des scènes intermédiaires.

Lors des funérailles du défunt soldat, le père de Will, Jonathan Irons (reprenant les traits du populaire et décidément très doué Kevin Spacey) se rapproche de Jack Mitchell. L’homme d’affaire n’est pas n’importe qui : il est à la tête d’une entreprise privée florissante nommée Atlas, spécialisée dans les technologies militaires de pointe. Naturellement, le profil de Jack Mitchell l’intéresse au plus haut point. De fait, ce dernier se voit offrir un nouveau bras, bionique, et forcément plus puissant que l’ancien, et accepte rapidement d’œuvrer aux côtés de la société Atlas. Comme la philanthropie rime un peu avec utopie, notre héros se rend progressivement compte que les motivations de l’entreprise, grandissante au point, quelques années plus tard, d’être la première société du monde, ne sont pas très morales. Alliée ou ennemie ? Cet épisode de Call of Duty, marqué par le retour d’un scénario plus riche bien que forcément un peu convenu, s’affiche ainsi avec plus de finesse que ce que l’on peut apercevoir de premier abord.

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1407780329-023

Le jeu propose des effets de lumière et de fumée vraiment sympas. On retrouve naturellement des armes lasers… dans le futur. 

Le mode solo de Call of Duty : Advanced Warfare est donc l’un des points forts de cet opus. Jadis clairement peu considéré, parfois même jugé comme un modeste bonus, le mode solo avait été progressivement évincé des épisodes précédents. Pour ce nouveau volet, Sledgehammer Games abandonne le suivi de plusieurs personnages pour n’en suivre qu’un seul (ce qui, d’une certaine manière, n’est peut-être pas plus mal). Il s’agit d’une manière comme une autre de permettre une meilleure identification et immersion, évitant, à force de trop en faire, de donner l’impression d’être un spectateur omniprésent et finalement peu impliqué. Il est d’ailleurs à noter que cette immersion et cette identification se fait par d’autres biais comme l’absence de voix pour le protagoniste quand le joueur le contrôle. La campagne solo s’étale sur quinze missions. En ligne droite, ce mode s’avère, en comparaison avec les anciens opus, assez généreux. Comptez huit heures avec une difficulté moyenne.

Le transhumanisme et les évolutions technologiques

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1415383970-044

Victime de guerre, Jack Mitchell bénéficie d’un bras tout beau tout neuf offert gracieusement par la colossale société Atlas. 

S’il y a une thématique qui est souvent évoquée dès que l’on parle de la guerre dans le futur, c’est le transhumanisme. L’amélioration de nos facultés mais surtout le dépassement de nos limites sont des sujets qui obsèdent littéralement l’être humain depuis toujours, et plus encore depuis que la technologie nous permet de passer de la théorie à la pratique. Comme chez Sledgehammer Games, on ne fait pas les choses à moitié, de nombreuses recherches ont été effectuées, peut-on lire de leurs propres aveux. Ainsi, le résultat est plutôt réaliste et impressionnant. De fait, également, cela offre un gameplay plutôt innovant. Outre les armes précises et puissantes, Jack profite d’un arsenal très original. Cela va des grenades à tête chercheuse ou à analyse des êtres à sang chaud à un exosquelette permettant de jouer sur une certaine verticalité et de passer outre certains obstacles. On retrouve ainsi dans ce Call of Duty un double saut très pratique, un grappin et des griffes magnétiques qui vont permettre de grimper sur certaines parois. Mais le joueur pourra profiter d’un outillage très généreux assez surprenant comme l’overdrive (espèce de bullet time), etc. Le seul souci, si l’on devait en trouver un, serait que tous les avantages de l’exosquelette ne sont pas disponibles en même temps dans le mode solo. En effet, chaque mission débloque et active un certain nombre de capacités. Le côté scripté va donc jusque-là. Pour profiter de tous les avantages de vos exo, il faudra aller voir du côté multijoueur.

Call of Duty®: Advanced Warfare_20141104220633

Le modeste arbre de compétences du jeu propose 22 améliorations possibles. 

Au terme de l’une des quinze missions que comporte le mode solo de ce Call of Duty, le joueur pourra attribuer des points sur un très classique arbre de compétences. Classique, oui, mais il est assez rare de voir ce genre d’améliorations possibles dans un FPS de ce genre. Quelles sont les compétences qui se débloquent ? Vous pourrez améliorer votre sprint, diminuer le recul quand vous tirez et bien d’autres choses. On reconnaîtra, dans l’ensemble, que la campagne tente à tout prix de ne jamais lasser, passant d’une scène plus calme à une scène toute en explosion et en courses-poursuites. À cela s’ajoute des passages, parfois un peu limités, en véhicule, le tout étant à chaque fois justifié.

À plusieurs… la fête est plus folle

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1415383970-131

Bien évidemment, ce n’est pas parce le mode solo s’améliore, que le mode multijoueur est à la traîne. La principale plus-value, c’est finalement les possibilités liées à l’exosquelette, ses sauts plus importants, etc. Et on le ressent d’autant plus que les maps multijoueur de cet épisode sont pensées en fonction. Que propose le mode multijoueur ? On retrouve treize cartes multijoueur (comprises dans le jeu). De quoi déjà bien profiter de ce mode sans pour autant sortir la Carte Bleue pour profiter des DLC à venir (via notamment un traditionnel Season Pass vendu une cinquantaine de deniers). Cet épisode futuriste de Call of Duty reprend la plupart des éléments que l’on retrouvait dans les derniers épisodes tels que le système de prestige. Apparu dans le premier « Modern Warfare », ce mode vous invite à recommencer au premier niveau d’expérience et permet de profiter d’emblème de grade différent. Ce mode permet également de gagner d’autres éléments de personnalisation. Ainsi, cet épisode propose encore une belle courbe de progression et du loot.

Call of Duty Advanced Warfare

Au niveau des modes de jeu, Call of Duty : Advanced Warfare faire preuve encore une fois de beaucoup de générosité. On retrouve ainsi douze modes assez variés, certains nouveaux, d’autres empruntés de Call of Duty précédents. Dans les classiques, on retrouve des matchs à mort par équipé, le mode Domination qui va inviter les joueurs à contrôler des points pour remporter la partie. Dans les sympathiques nouveautés, on retrouve le mode Momentum. Qu’est-ce donc ? Si on revient un peu dans le passé, on se rendra compte que le mode Momentum n’est pas vraiment nouveau. En effet, il viendra s’inspirer du mode War que l’on retrouvait dans les anciens Call of Duty (notamment le 3 et l’épisode World at War). Si ce mode se rapproche un peu du mode Domination, il s’en différencie par le fait qu’il faudra prendre possession de cinq drapeaux avant l’adversaire. L’autre particularité étant que plus un joueur a de drapeaux, plus l’obtention des suivants se fait rapidement. Il y a aussi le sympathique mode Uplink (Liaison) qui, comme le faisait le mode Bombe de balle, dans Unreal Tourmament, impose de récupérer une balle et de la ramener chez soi. Le souci étant que le joueur ne peut plus tirer en ayant la balle en main. Le jeu thématise la chose avec un satellite. Aucun doute que ce nouveau volet rencontre encore un grand succès dans le monde de l’eSport et de la compétition en ligne. Enfin, on apprécie aussi le mode « Préparation au combat » qui permet aux joueurs peu habitués au online, de se faire la main tout en évitant les complications, les malus, etc. De façon générale, pour préparer ses personnages, il y aura treize points à attribuer : une arme principale, une secondaire et des accessoires. Chose sympathique également : le test de sa configuration et de sa classe en direct, dans la salle de tir de chez Atlas.

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1415383970-093

Pour ce Call of Duty : Advanced Warfare, le studio Sledgehammer a imaginé un nouveau mode coopératif portant le doux nom de mode « Exo-Survie ». Le mode coopération Exo-Survie était censé remplacer le mode zombie des anciens épisodes. Mais ce mode viendra malgré tout compléter l’offre via un futur DLC. Ce mode vient, en quelque sorte, se calquer sur le mode Survie de Modern Warfare 3 mais profite, naturellement, de quelques ajouts bénéfiques. Le mot « Survie » veut dire ce qu’il veut dire : le but sera de survivre le plus longtemps possible aux vagues ennemies. Entre chaque manche, des points serviront à améliorer votre arsenal. Les treize cartes du mode multijoueur sont réquisitionnées et sont débloquées après un certain nombre de manches. Disons-le, le mode Exo-Survie n’est vraiment pas simple mais apporte une part très bien amenée de coopération, ainsi qu’un challenge de taille.

Toujours un modèle de réussite graphique

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1412351199-033

Haute définition, couleurs réalistes et bruitages de qualité : cet épisode passe décidément bien à la nouvelle génération de consoles. 

Alors que certains studios cherchent à remplir coûte que coûte l’écran d’éléments graphiques au risque de devoir diminuer l’affichage, Call of Duty : Advanced Warfare gère parfaitement les 60 images par seconde et le tout en conservant une résolution égale ou proche (du moins pour la Xbox One où le jeu, ici, a été testé) à 1080p. Un vrai dynamisme, aussi bien en solo qu’en multijoueur, qui se marie agréablement à un moteur graphique digne de la nouvelle génération. On pourra peut-être reprocher un rendu nocturne moins clinquant qu’en pleine journée (et ce n’est pas le premier jeu à souffrir de cela), mais, dans l’ensemble, cet épisode flatte la rétine et conserve, par rapport aux standards du moment, la qualité de l’un des plus beaux jeux.

Au niveau sonore, on retrouve ce côté très hollywoodien avec des effets de tous les côtés. C’est d’ailleurs le très connu Harry Gregson-William qui collabore ici avec le groupe Audiomachine, spécialisé dans la création de musique de trailers et de spots télévisés. Un bon mélange donnant naissance à une ambiance musicale de qualité, très agréable à écouter… mais qui ne restera pas dans votre esprit des jours durant. Si le jeu a été testé sur Xbox One, il semblerait que la version PC ne soit pas à la hauteur des consoles (ce qui est une première en quelque sorte !). Pourquoi ? Le gameplay lié à l’exosquelette serait, avant tout, pensé pour la manette (les sauts, les dash, etc.). Une chose à prendre en considération si vous hésitez entre telle ou telle version.

Conclusion

call-of-duty-advanced-warfare-playstation-4-ps4-1407780329-026

Malgré son côté machine à gaz, Activision a dû reconnaître que sa poule aux œufs d’or tendait à lasser, aussi bien son public phare que les autres. Pourtant, sans se laisser faire, l’éditeur a, cette fois-ci, confié la production de l’épisode de la nouvelle génération à un autre studio. Fraîcheur et renouveau décrivent ainsi plutôt efficacement cet Call of Duty : Advanced Warfare. Ce nouveau volet permet ainsi de mieux équilibrer les tendances « solo » (en pleine perdition) et « multijoueur » (mêlant les prérequis du genre à de nouvelles idées plutôt intéressantes), permettant ainsi de contenter chaque profil. L’aspect ultra dirigiste – certains diront que c’est un sacrifice à faire pour permettre une mise en scène impressionnante – sera pourtant toujours un peu frustrant. Si l’histoire est très convenue, mais ce n’est pas une chose que l’on remettra en cause dans un FPS comme Call of Duty, le futur radieux de la licence pourrait s’entrevoir au travers de plus d’audace, de choix multiples et moraux, et, pourquoi pas, d’un pas dans le monde des open-world. N’oublions pas non plus de saluer le choix judicieux d’avoir opter pour un Kevin Spacey toujours convaincant dans le rôle du mégalomane rempli d’idéaux un peu maladroits.

Les plus :

  • Le retour d’un solo convaincant
  • Un Kevin Spacey au mieux de sa forme dans un type de rôle qui lui colle décidément parfaitement
  • Une technique sans faille (graphisme de qualité, résolution en 1080p et affichage continu, ou presque, en 60 images par seconde)
  • L’armement du futur qui offre des originalités au niveau du gameplay
  • Une grande précision au niveau des armes
  • Le multijoueur toujours à l’honneur, empruntant quelques éléments des opus précédents tout en le transcendant. Sans surprise, cet épisode devient le nouveau fleuron du FPS dédié au eSport.

Les moins :

  • La guéguerre c’est mal
  • On aimerait un solo encore plus riche…
  • Avec des choix moraux…
  • Et, surtout plus de liberté (quid d’un Call of Duty en open world ?)
  • Les joueurs PC pleureront toutes les larmes de leur corps car le jeu est indubitablement pensé pour les consoles (pour une fois, certains diront !).
  • La petite frustration, en solo, de ne pas pouvoir profiter de tous les atouts de l’exosquelette.

Note : 4/5