Test de Resident Evil Origins Collection (PS4)

Avec l’arrivée l’an passé de Resident Evil HD Remaster et celle plus récente de Resident Evil 0 Remaster en téléchargement, Capcom a eu la bonne idée d’également proposer aux adeptes de la première heure et aux autres une version boite. Cette dernière regroupant ces deux remasterisations sous l’appellation Resident Evil Origins Collection sur PS4, Xbox One et PC.
Resident Evil Origins Collection

Holy train

Originellement sorti en 1996, Resident Evil nous plonge dans la découverte du manoir Spencer non loin de Raccoon City par le biais d’un trio de l’escouade des S.T.A.R.S. constituée de Jill Valentine, Chris Redfield et Albert Wesker. Ce petit groupe étant à la recherche de leurs collègues, de la vérité, mais également tout simplement d’un lieu sûr après l’attaque qu’ils viennent de subir. Là-dessus nous n’en dévoilerons pas davantage, l’introduction de ce premier RE étant juste mythique, celles et ceux ne la connaissant pas doivent la découvrir par eux-mêmes et non se faire dévoiler tous les rebondissements ici.

Débarqué tout d’abord sur Gamecube en 2002, enfin 2003 en France, Resident Evil Zero met lui en scène les événements s’étant déroulés 24 heures auparavant. Nous les suivons sous les traits de Rebecca Chambers, récente recrue de l’équipe Bravo des S.T.A.R.S. en tant qu’infirmière, et de Billy Coen, ancien Marine venant d’être condamné à la pendaison. Alors que les deux sont en route au sein du même train, ce dernier est attaqué. Nos deux personnages vont donc devoir s’allier afin de survivre.

Resident Evil Origins Collection

Fear Effect

Si Resident Evil et sa préquelle Zero sont bel et bien des aventures en solo, elles permettent néanmoins d’incarner plusieurs personnages. Le jeu fondateur de la série proposant lui un choix d’entrée entre Jill et Chris, influant sur sa propre découverte des événements.

Concernant RE0, c’est un duo que l’on prend en mains et avec lequel on peut alterner entre les protagonistes, selon la situation ou tout simplement notre préférence. Celui non pris en charge à un instant t pourra toutefois être guidé par nos ordres, alors que nous resterons en contrôle de l’autre. Les deux entités de cette doublette possédant au passage des spécificités, puisque la jeune femme saura combiner les herbes de santé, tandis que le grand brun ténébreux sera lui plus résistant.

Resident Evil Origins Collection

Le grand atout de la compilation Resident Evil Origins Collection est tout bonnement sa réelle identité survival horror. Les sorties triple A de ces dernières années s’annonçant comme évoluant dans le genre, n’ont de survival horror que le nom. Il ne s’agit désormais plus que de softs d’action ultra simplistes. Seuls les indépendants, généralement car nostalgiques de cette grande époque, délivrent des mécaniques vraiment adaptées. Et avec ces RE, on en retrouve bien évidemment. Tout d’abord avec la survie, les ennemis s’avérant nombreux, hyper résistants et les moyens pour les éliminer (armes, munitions… ) sont rares et limités, tout autant que les objets de soin. Il s’agira en plus de souvent devoir se délester de certains, l’inventaire étant très limité.

De la survie à l’état brut comme on n’en fait malheureusement plus, hormis chez les indés comme nous le soulignions. Il sera cependant envisageable de conserver des items au sein des coffres croisés, mais ils sont loin d’être présents en masse et vaudront un tas d’allers-retours vous confrontant à d’autres vilains. De même que pour les résolutions d’énigmes vous faisant vous rendre d’un point A à un point B, alors que vous vous trouviez à proximité de ce dernier juste avant. De quoi durcir et rallonger l’expérience.

D’autre part, délivrer une facette horreur ne consiste pas à balancer des monstres dans un lieu sombre taché de sang. On le savait apparemment à l’époque, entre les expériences cherchant davantage à nous angoisser intérieurement et celles comme RE qui installent une crainte de par une présence malsaine et agressive, mise en scène de formidable manière par le biais d’effets on ne peut plus efficaces.

Resident Evil Origins Collection

Wesker in your head

Les remasterisations HD sont plus que jamais à la mode, malheureusement on se retrouve généralement déçu par le manque de bonus. Sur ce point, Resident Evil Origins Collection a su se démarquer de la majorité en délivrant quelques apports exclusifs. Tout d’abord du plus ou moins convenu au travers de nouveaux costumes. Un ajout sympathique, mais ne justifiant pas un achat à lui seul. En revanche la possibilité d’incarner Wesker, personnage Ô combien emblématique et surpuissant de Resident Evil, c’est tout autre chose. Il s’agit vraiment d’un énorme supplément, délivrant une manière très différente d’aborder Zero en suppléant Billy par le grand blond. Les connaisseurs savent de quoi celui-ci est physiquement capable, tandis que pour les autres il vaut mieux ne pas vous gâcher la surprise, car elle reviendrait à vous détruire le scénario que l’on suit avec intérêt, ce qui s’avère loin d’être le cas chez la plupart des productions teintées d’action.

Sur la remasterisation en elle-même, celle de Resident Evil n’est clairement pas à la hauteur. On peut même s’avérer encore plus déçu en songeant au fait que l’on est sur PS4 en ce qui concerne la version testée. Même si l’on ne s’attendait évidemment pas au top du top des graphismes, on espérait quelque chose qui aurait rendu honneur au soft en question, ainsi qu’aux machines sur lesquelles on le retrouve désormais. Zero s’en sort lui bien mieux que son illustre aîné sur ce point. On aura donc plaisir à s’y aventurer également d’un point de vue visuel. Ce n’est clairement pas essentiel, ces RE sachant nous apporter davantage que de simples jolis sprites, mais cela restait toutefois important puisque le suffixe Remaster est mis en avant.

Resident Evil Origins Collection

Conclusion

Sans aucun doute Resident Evil Origins Collection est un (quasi) indispensable pour quiconque ne s’est pas essayé aux jeux d’origine, ni à leurs ressorties. Si tant est que vous avez envie d’un peu vous faire peur, dans un enrobage action mais où l’on ne fonce pas tête baissée tout en sachant que l’on atomisera chaque ennemi… La survie est le point d’orgue de ces RE et l’on prend beaucoup de plaisir grâce à cela. Concernant les gamers connaissant bien ces jeux, la question de l’achat reste la même que pour toute remasterisation. Néanmoins, si vous n’avez pas touché aux deux depuis 20 et 13 ans, vous avez peut-être envie de vous replonger dedans et d’à nouveau sursauter, étant donné que vous avez oublié les surprises vous y attendant. Dans ce cas il est évident que cette compilation saura vous combler.

Les Plus :

  • Deux softs en un
  • Du survival horror et non un jeu bourrin
  • Bonus

Les Moins :

  • RE en dessous de RE0 niveau remasterisation
  • Des bonus tout de même légers

Note : 3,5/5

  • Tanguy Roblin

    J’ai pas mal hésité avant de le prendre sur XOne, mais ton test, même si il n’encense pas le jeu, a fini de me convaincre de le prendre, la jouabilité qui aide à avoir peur, un vrai (double) survival horror.

    • Inod

      Clairement un vrai survival, ce n’est plus dans l’air du temps chez les AAA.

      En me renseignant sur ce que d’autres pensaient, dont des anciens (évidemment s’ils ont 18 ans la sensibilité n’est pas la même), de ce combo j’ai vu « point faible : jouabilité à l’ancienne », alors que c’est un point fort ici. Le tout c’est que les joueuses/eurs arrivent à comprendre ce qu’il en est, en faisant abstraction du point faible/fort selon la/le rédactrice/eur.

    • INODratedRjoker

      Il est vrai que ça manque le vrai survival, il n’y a plus que les indépendants qui en font. D’ailleurs j’attends 2Dark, tu connais ?