(Dé)jouer les mondes : l’art rencontre le jeu vidéo au Grenier à sel d’Avignon

J’ai été invité à venir découvrir l’exposition (Dé)jouer les mondes au Grenier à sel d’Avignon, et je vous le dis tout de suite : je n’ai pas été déçu. J’ai pu y rencontrer des artistes formidables, ainsi que les commissaires de l’exposition, Isabelle Arvers et Véronique Baton, qui ont à cœur de soutenir les œuvres proposées.

Déjouer les mondes - Grenier à sel

Un monde oublié qui reprend vie

Imaginez un monde négligé, oublié. Les ordinateurs, les manettes, les casques VR, mais aussi les forêts dans les jeux ou les publics dans les stades. Pour nous, tout cela n’est que décor, alors que chacun de ces éléments a une réalité bien concrète. C’est la promesse de cette exposition : des artistes qui détournent les jeux vidéo pour redonner du sens à nos jeux et nous faire voir autrement ce monde invisible pour le commun des mortels. Pourtant, il occupe une place importante dans une industrie qui a souvent tendance à se focaliser de Tokyo à San Francisco, en passant par quelques capitales européennes.

J’ai donc appris, avec ces artistes, à déjouer ! J’ai pris conscience de l’interconnexion entre les peuples à travers le jeu vidéo, et de sa capacité à dénoncer des pratiques d’un autre temps : le colonialisme, l’extraction, la déforestation. Du Groenland au Bénin, en passant par le Brésil et la Colombie, pour ne citer qu’eux, l’exposition nous fait voyager et nous ouvre les yeux sur le monde.

Déjouer les mondes - Grenier à sel

Des œuvres pour tous les joueurs

Le parcours s’adresse autant aux petits qu’aux grands joueurs que nous sommes, avec une quinzaine d’œuvres venues de plusieurs continents. Quelques-unes m’ont particulièrement marqué :

Avec Honour Providence, Honour Good Men de Camilo Sandoval, on joue à l’arcade pour découvrir les forêts : deux joueurs s’affrontent, l’un déboise et exploite les minerais, l’autre démantèle les mines et reforeste. Dans Arcade City, Akwasi Bediako Afrane transforme des appareils électroniques abandonnés en paysage urbain, que l’on actionne depuis deux bornes d’arcade.

On s’immerge aussi en plein Groenland grâce à SILA, héroïnes arctiques d’Agnès de Cayeux, une expérience en casque VR portée par la voix de figures féminines comme Mary Shelley ou George Sand. Ismaël Joffroy Chandoutis revisite quant à lui Farming Simulator avec Rewild, et oui, on se jette dans des bottes de foin. Enfin, dans The Bride Who Could Not Stop Crying d’Afrah Shafiq, on prend en main la destinée d’une jeune mariée grâce au « pleuromètre », ce compteur de larmes qui mène à l’une des trois fins possibles.

Déjouer les mondes - Grenier à sel

Pourquoi y aller ?

Parce que jouer collectif, c’est important ! L’exposition est à découvrir du 3 octobre 2026 au 16 janvier 2027 au Grenier à sel à Avignon. L’entrée est libre et gratuite, sans réservation, et des visites guidées sont proposées les mercredis et samedis à 16h30 pour 3 € par personne.

Site officiel

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