Originale idée qu’ont eu Nicolas Beaujouan et 404 Éditions, en décidant de mettre en valeur à travers un épais ouvrage, le dessinateur du New Yorker, Will McPhail, avec L’Amour et la Vermine, aux textes traduits par Basile Béguerie. L’impact sera-t-il le même chez le public Outre-Atlantique ?
En tant que dessinateur de presse, nous avons droit à un panel très large de réactions de sa part, sur l’actualité et la société en général. Sur environ 300 pages, nous découvrons plus de 250 œuvres aux multiples formats. Parfois avec un suivi, sans forcément s’agir de strips. Tantôt, on en trouvera d’imposantes. Avec un rendu de qualité, démontrant l’envie de véritablement projeter la lumière sur ses travaux.
Avec une dizaine d’années de carrière dans ce périodique, ce livre retrace également un long chemin de notre monde. L’évolution de celui-ci dans les relations, les modes, la politique, certains évènements, est ainsi pleinement ressentie à la vision de ces dessins drôles, frappants, touchants… Des points-clés dans les liens entre femmes et hommes, l’éducation des enfants, le rapport aux animaux… L’aspect animalier, identité symbolique de l’artiste, s’avère extrêmement important sous diverses formes, afin de transmettre des messages.
Tout est si marquant ou marrant, qu’on s’en délecte page après page, tout en les inspectant. Puisque s’il y a des séquences directes, d’autres fourmillent de détails. La compréhension y gagne justement divers niveaux de lecture. Surtout en cas de textes plus ou moins brefs. Avec une traduction de Basile Béguerie, qui allait forcément devenir délicate. Et pourtant, il réussit là un formidable travail. Y compris pour les moments typiquement gaguesques.
Conclusion
Splendide manière de faire connaître à d’autres lectorats Will McPhail, L’Amour et la Vermine fait réfléchir, autant qu’il nous éclate.



