Critique du roman Automates de Nathalie Le Gendre

Originellement sorti en 2005, Automates de Nathalie Le Gendre continue sa vie sans prendre une ride, tel un robot. De quoi permettre à ce roman, édité ce 16 août chez Castelmore, de toucher une nouvelle génération par rapport à la première qu’il a rencontrée il y a 13 ans.

Automates

Le XXIIIe siècle n’a pas arrangé notre monde. Les inégalités se creusent toujours plus, tandis qu’en parallèle la technologie avance. De quoi remplacer des organes vitaux sans véritable problème, avec néanmoins généralement un coût financier. Mais pas seulement, car ces greffes ont également un coût émotionnel, en écartant le sujet plus que jamais de son humanité. Entre garder en vie les personnes qui nous sont chères et leur retirer toute émotion, tout souvenir, pour qu’elles deviennent en fin de compte des robots, le choix est complexe.

Bien sûr nous simplifions pour ne pas vous raconter tout le livre. Car changer un foie sauvera, sans pour autant ôter sa personnalité à la/au concerné(e). Mais il n’en va plus de même lorsque l’on touche au cerveau. Celui-ci pouvant être remplacé par un COrdinateur. De quoi sortir d’un coma, dont l’espoir de réveil semble sinon infime. Cependant les rumeurs courent. Et surtout, à partir du moment où l’on connait quelqu’un y ayant eu recours, les questions s’entremêlent.

Automates

Ce qui deviendra le cas de l’héroïne d’Automates, Andhré-Ann, dont le frère Luka vient de subir un accident de moto devant elle. Lui pourtant un as de la 2 roues. Ceci alors que le duo venait s’amuser à rouler tour à tour. Petit souci, cette société dans ces inégalités, voit la gent féminine être cantonnée à porter des robes, des cheveux longs, ne pas garnir les stades ou encore ne pas piloter de moto ! Rétrograde ? Finalement elle ressemble à la majorité du monde dans lequel on vit. Et même si dans de nombreux endroits les filles et les femmes peuvent rouler à moto, les remarques comme quoi il s’agit d’une pratique masculine fusent.

Évidemment, quand une cité en est là, on se doute que les sentiments entre ses habitant(e)s ne peuvent mêler le même sexe. On ne révélera pas les détails de l’histoire concernant ce point, sinon l’on vous gâcherait tout. Sachez toutefois que l’on y retrouve cette fameuse horreur, comme quoi il s’agirait d’une maladie à soigner. Ce qui semble assez simple dans cet univers, où le COrdinateur peut changer quiconque.

Automates

Revenons-en à Luka, dont les soins permettant de le maintenir en vie, sans pour autant en passer par cette greffe, coûtent chers. Pour subvenir à ces besoins, sa sœur se lancera dans le pari fou de participer aux Olympies. La nouvelle version des Jeux Olympiques, dont font partie les courses de motos. Toutefois si vous avez suivi, vous savez que seuls les garçons et les hommes peuvent y prendre part. Il ne lui reste ainsi plus qu’à se faire passer pour l’un d’eux. Ceci à l’aide de son amie Illana. Ainsi que grâce à des connaissances de celles-ci. Mais sont-elles toutes de confiance ?

La route pour atteindre son but est évidemment semée d’embûches. Mais au-delà de l’éventuelle dureté de la discipline, on note surtout un chemin sociétal très fort. Nathalie Le Gendre associant divers thèmes tellement ancrés dans notre vie, que l’on espère qu’Automates secouera les mentalités. En plus de ces sujets essentiels, on remarque le goût de l’auteure pour la moto. On ressent une véritable fusion entre la principale protagoniste et sa monture. Elles ne font qu’une et ce sentiment nous frappe.

Automates

Conclusion

Ce n’est pas tant la ligne d’arrivée qui compte dans Automates, mais le voyage profondément humain dans lequel nous plonge Nathalie Le Gendre. On pourrait d’ailleurs affirmer « malheureusement », tant les oppressions évoquées ne devraient plus jamais figurer dans notre monde.