Critique du roman L’Inversion des Pôles – Il n’en Restera Qu’un

Accro du battle royale ? L’inversion des pôles – Il n’en restera qu’un de Guillaume Nail propose de vous faire lâcher la manette. Son univers rappelant clairement celui de ce genre de jeux, mais en en proposant un bien à lui.

L'inversion des pôles

Plus que jamais crédible pour se passer dans notre monde, L’inversion des pôles se déroule en 2021. Une inversion des pôles magnétiques s’annonce et pourrait mettre à mal la planète, voire davantage. Afin d’envisager un nouveau mode de vie, est créé l’Îlot. Ce dernier reflète ce que pourrait donner la Terre et ses habitant(e)s en une telle situation. Vivres à dénicher, lieux dévastés… Des volontaires y sont ainsi envoyé(e)s, avec en tête une sorte de jeu en réalité virtuelle. Ou tout du moins « pour de faux », tel un laser-game. Où, à l’instar des gens comme Duncan, Connor, Methos et les autres : Il n’en restera qu’un.

Les débuts nous font découvrir notre principal quatuor. Selva, Yuan, Perkins et Mickey, en mauvaise posture dans le bus les projetant dans ce monde.  Même si avant cela l’on découvre déjà les différents caractères. On y remarque immédiatement quelques aspects de l’identité-même de L’inversion des pôles. Comme l’humour, mais également le côté survivaliste ou encore celui d’entraide. Parmi les 4, un trait de personnalité colle plus à l’un(e), qu’à l’autre. Et lui est poussé à l’extrême. Tandis que chacun(e) de ces qualités/défauts, cela dépend, se retrouvent au travers d’autres personnes rencontrées par la suite et de l’ambiance globale. Un cocktail explosif, qui fonctionne très bien.

L'inversion des pôles

Les héroïnes/héros, ainsi que les autres qui seraient des PNJ dans un jeu, sont très marqué(e)s et travaillé(e)s. Ce qui les rend crédibles et attachant(e)s. Voire à l’inverse, l’on en repousse une partie, car l’on n’apprécie pas ce genre de personnes IRL et donc idem dans un livre. Les relations entre ces membres de « squads », se défaisant et se réunissant avec d’autres au fil des pertes, sont à l’épicentre de l’histoire. Dont nous faisons clairement partie. On se demande même si ce n’est pas sur nous que l’on teste une expérience d’une autre envergure. Tant pour elles/eux et soi-même, l’on ne sait sur quel pied danser. Qui est honnête ? Qui vous tirera dessus une fois le dos tourné ? Voire plus encore, qui est espion(ne) ?

On n’hésite pas à nous confier les clés nécessaires à la résolution, mais sans jamais nous en montrer les bonnes serrures. C’est à nous qu’il incombe de les découvrir. Et de potentiellement se tromper. Si bien que les interrogations sont constantes et envahissent l’esprit des participant(e)s. Notamment du quatuor susnommé. Dont l’on suivra les pérégrinations par protagoniste en alternance. Lors d’un nouveau chapitre, on nous informe directement du personnage. Une méthode qui distille efficacement les séquences de son aventure. Puisque l’on sait ce qu’elles et ils vivront à ce moment-là, de manière dynamique, plutôt que longue. En revenant plus tard sur l’un(e), puis l’autre et ainsi de suite.

L'inversion des pôles

De quoi pour nous se familiariser également avec les autres participant(e)s. Qui resteront plus ou moins longtemps, car dans L’inversion des pôles on est chassé(e) ou chasseuse/eur. Cela ne leur empêche pas pour autant de s’avérer marquant(e)s, de par des costumes tous plus extravagants les uns que les autres. Un détail correspondant tout à fait au milieu évoqué en préambule. On songe immédiatement à Fortnite et peut-être même en encore plus délirant. Comme vous pouvez le constater sur l’illustration de la couverture, complètement délirante. Qui d’ailleurs nous rappelle un style des années 80/première moitié des années 90. Et justement, l’histoire s’agrémente de plusieurs références de cette époque. Avec pourtant une menace pesante et peut-être pas si factice…

Conclusion

Aussi déjanté qu’attachant, à l’instar de ses personnages, L’inversion des pôles – Il n’en restera qu’un n’est pas qu’un simple divertissement. En effet, l’on prend du plaisir à le lire, mais il pousse aussi à réflexion. Entre ses manipulations, mais aussi les agissements des joueuses/eurs. Nous laissant nous demander, jusqu’où irions-nous pour gagner/survivre ?