Critique du roman Les Mange-Rêve #1 L’enfer Blanc

Les Mange-Rêve a beau se dérouler dans 15 ans, la fiction de Jean-Luc Le Pogam nous semble plus proche de notre réalité. Voire complètement, si ce n’est à un détail près : L’enfer Blanc dans lequel survit l’Europe.

L'enfer Blanc

Effectivement, si dans notre monde les glaces ont plutôt tendance à fondre sous les chaleurs record depuis des années, engloutissant les terres au passage, l’univers de L’enfer Blanc nous jette un froid. Même si de notre part, nous sommes loin de n’assister qu’à un réchauffement climatique, mais bel et bien à un dérèglement. Avec des records de froid, de chaleur, d’intempéries, de vent… Résultat d’une société où les humain(e)s n’ont que faire du lendemain et de tout ce qui n’est pas leur propre petite personne. Détruisant ainsi l’univers.

Dans L’enfer Blanc, ce froid n’arrive pas innocemment non plus. Mais prend une origine légèrement différente, bien qu’il provienne encore et toujours des personnes peuplant la Terre. Pas n’importe lesquelles, uniquement celles au pouvoir. Qui grâce à leurs moyens technologiques, peuvent décider d’infliger une période hivernale sans discontinuer. Ce que l’on peut déjà faire aujourd’hui, mais à une plus petite échelle, notamment par les pièces de cryogénisation. Qu’en sera-t-il dans une quinzaine d’années ? Vous l’aurez compris, il y a de quoi flipper plus l’on approche de 2034. Et surtout, selon qui sera élu. Car rien ne serait arrivé sans cela dans le livre ou dans la vie réelle. Avec un mur électromagnétique européen, rendant le Continent telle une prison géante à ciel ouvert. Mais avec pas trop de soleil. Et vous apprendrez plus loin dans l’histoire, qu’il est loin d’être la seule invention contre les créatures vivantes.

L'enfer Blanc

La vie est déjà assez dure comme ça pour Iwan, notre personnage principal, sa grand-mère, sa belle-mère, son grand-père et son père. Ainsi que pour son amie Mélanie et son copain Thibault. Mais cela pourrait presque aller, à ceci près que l’oppression est toujours insuffisante pour n’importe quelle dictature. Et le risque de voir des opposant(e)s faire réfléchir et soulever le peuple, ne peut être envisagé. Voilà pourquoi les Brigades Mange-Rêve (BMR) s’occupent de faire taire les artistes. Celles- et ceux qui peuvent encore offrir du rêve et faire bouger les choses ! Dont Ian, le professeur de guitare d’Iwan et Thibault, en plein durant leur cours. Ce qui les rendra tout autant recherchés. D’autant plus que la longue carrière de photographe/reporter, dans des coins très chauds, du père de notre jeune héros, ne plaidera pas en sa faveur face au gouvernement.

Aux côtés de Mélanie et grâce à Yvon (papi d’Iwan) et son ami Jack, la bande fuira la menace, grâce à des vaisseaux des glaces (sublime illustration de Michaël Terraz en couverture), le Seagull et le Bugale Ar Mor. Amenant une dose de découverte et de pilotage, à la trépidante chasse entre la milice et le quintet. Au même titre que chaque détail technologique et autres cachettes ingénieuses, que l’on nous révèle. Permettant d’en savoir plus sur ces 2 types âgés, qui ne sont pas tant que cela les grands-pères qu’ils pourraient laisser croire. Mais au milieu de cette course-poursuite en direction de Tombmor, se dévoile un mélange d’amitiés poussant à l’exploit, mais pouvant se fragiliser. Ainsi que la présence de traitres. L’un dont vous apprendrez rapidement l’identité, laisse l’occasion à L’enfer Blanc de se pencher sur ses réels desseins. Montrant à quel point il est bien faible.

L'enfer Blanc

Conclusion

Terriblement réaliste entre l’oppression dictatoriale, le mur, les artistes à faire disparaitre… tout en citant des références politiques directes à notre monde, L’enfer Blanc fait froid dans le dos. On y découvre à la fois la réaction d’une poignée de gens, entre les préparés et les autres, avec une forte dimension amitié, des sentiments qui s’accentuent et des tensions qui peuvent en faire autant. On revient bientôt sur notre chasse-neige pour vous parler du 2e volume : Les Mange-Rêve #2 La cible.