Test de l’extension Tribu et Personnages du jeu de cartes Galèrapagos

Les naufragé(e)s de Galèrapagos ne sont pas au bout de leurs peines. En plus des difficultés du jeu de base, Laurence et Philippe Gamelin amènent, via cette saison 2 Tribu et Personnages, des camarades qui bouleversent la donne. Mais ces dernières/iers ne sont pas de nouvelles/eaux arrivé(e)s sur les lieux…

Tribu et PersonnagesAvant tout, sachez qu’il vous faut le jeu Galèrapagos, afin de lui associer Tribu et personnages. Qui est donc bien une extension et non un stand alone. Subtilité au travers de celle-ci, elle apporte trois types d’éléments (Événement, Objet et Personnage), qui n’ont pas l’obligation d’être tous inclus à notre partie. Il est tout à fait envisageable de n’en ajouter qu’un, 2, voire l’ensemble. Ce qui rend plus ou moins fournie l’expérience. Il est ainsi intéressant d’y aller progressivement pour s’habituer. Et de plus ou moins gonfler ses possibilités, d’une session à une autre.

Les rescapé(e)s déjà connu(e)s, tenteront toujours de tenir bon en cet endroit aux faibles ressources. Tout en préparant en coopérant, un radeau pour s’en extirper. Mais la survie est si dure et les places sur l’embarcation si chères, que l’on n’hésitera pas à faire un sale coup à une autre personne. Sans non plus devenir trop méchant(e), ce qui pourrait nous coûter notre ticket de sortie. Avec Tribu et personnages, de nouveaux problèmes déboulent. En effet, l’on découvre l’existence de personnes qui vivent ici depuis plusieurs années. Et qui pour s’en sortir, ont évolué leur mode de vie…

Tribu et PersonnagesBien sûr rien ne change en ce qui concerne l’essence même de Galèrapagos. Il s’agira toujours d’effectuer une action. Comme collecter de l’eau ou du bois. Mais attentions aux aléas. Et l’on aura également l’occasion d’utiliser les cartes de sa main, à l’instar des nouvelles, pour y gagner quelque chose. Ou pour entourlouper autrui. Avec le besoin que la troupe détienne suffisamment d’eau et de nourriture à chaque tour. S’il en manque, un terrible vote à doigt inquisiteur éliminera un membre. Idem si l’on peut partir sur le radeau, mais qu’il manque de place. Ce qui incite à ne pas être trop vilain(e). Mais on sait de par la vie réelle, qu’être trop gentil(le) vaut toujours d’être trahi(e).

Débutons par l’apport des 30 cartes Événement, de Tribu et personnages. Précisons qu’une nouvelle douzaine, sert à chaque fois à développer l’histoire de notre partie. On ne les révélera évidemment pas toutes. L’ensemble sait mêler les situations particulières des lieux, à des mécaniques ludiques. Ce qui s’avère particulièrement intéressant. Plutôt que l’on nous propose un événement dont le thème pourrait être tout aussi sympathique, mais dont le résultat ne collerait en rien à ce qui est conté. Ce qui s’accentue également via les dessins dessus, mais l’on reviendra sur ce point par la suite.

On a ainsi droit à la Forte Houle, qui fait dériver des cartes Objet vers nous. Les Autres (la tribu que l’on rencontre) peuvent au travers de Lieu Interdit, nous restreindre d’une action particulière jusqu’au terme du tour. Car l’on ne peut accéder à l’endroit dévolu. Et parfois ce groupe est encore moins sympathique, étant donné qu’avec Pillage, l’on doit se défausser de 3 cartes ou d’une ration d’eau et d’autant de nourriture.

Tribu et PersonnagesParmi les 20 cartes Objet, l’on retrouve 14 nouveaux effets. Avec même une référence qui nous renvoie à diverses œuvres littéraires et cinématographiques. La fameuse plaque concave, qui fait ricocher une balle vers sa/son voisin(e) de gauche. On relève aussi notamment les nouilles chinoises. Qui font certes gagner 2 rations de nourriture, mais en coûtent 2 en eau. Car comme IRL, il faut réhydrater ces pâtes. Le lien entre réalité et mécaniques de jeu de société est à nouveau tangible. Tandis que le kit Chaman peut faire évoluer la météo. L’humour est donc omniprésent.

Ce qui s’accentue avec les 20 cartes Personnage. Offrant des atouts pour survivre en milieu hostile. Le manque de denrées se fait sentir ? Bouffe-Tout, avalera 2 Bois, à la place d’1 Nourriture. Efficace en vue d’une fin de tour. Le Sourcier emploie lui 1 Bois, qui mène vers 2 rations d’eau. Le Nudiste révèle toutes ses cartes Objet, jusqu’à la fin de la partie. Ce qui peut-être annulé grâce à Vieux Slip. Si nu(e), nos compagnon(ne)s peuvent nous voir venir, il devient envisageable une seule fois dans la partie, d’obliger une personne à montrer ses cartes à tout le monde. Soit une donne stratégique, à mettre en place si jamais l’on soupçonne un coup-fourré. Typique des histoires de survie, l’on retrouve le mannequin. Qui ne mange pas, pour garder la ligne. Mais est moins encline à l’effort. En récupérant moins d’eau et de nourriture. Et bien d’autres encore.

Nous l’évoquions précédemment, les illustrations des diverses cartes de Jonathan Aucomte, s’avèrent très drôles. Si dans Tribu et personnages les protagonistes sont déjà assez marrants, typés par rapport à leur identité et les caractéristiques ludiques allant avec, les événements le sont encore plus. Ceux-ci offrant des situations concrètes, dans un style crayonné sur parchemin qui colle à l’ambiance. On retrouve notamment Joyeux Anniversaire, que l’on apprécie beaucoup par l’un des masques des Autres, qui laisse croire que le présent est un piège. Les cartes Offrande et Taxe Insulaire pour ne suggérer que 2 exemples, sont aussi très rigolotes, de par les situations rocambolesques. Et profitent comme leurs comparses, d’une mise-en-bouche textuelle qui ajoute davantage de drôlerie.

Tribu et PersonnagesConclusion

Très riche dans ses apports au Galèrapagos originel, Tribu et personnages est typiquement ce que l’on attend d’une extension. Tant celle-ci apporte grandement sur divers points et délivre une importante rejouabilité. Le tout galvanisé par un humour aussi visuel, que textuel.