Test de Lego Le Hobbit (PS4)

Le HobbitSi chaque année l’on se demande sur quelle franchise Lego va jeter son dévolu vidéoludique, il était logique que Le Hobbit, préquel du Seigneur des Anneaux (déjà briquisé par les Danois et le studio Traveller’s Tales) apparaisse sous ce désormais célèbre format. Globalement, on ne peut pas dire que la formule évolue grandement. Que donne ce nouvel essai ?

Comme pour les autres jeux vidéo de la gamme « Lego » (Star Wars, Indiana Jones ou encore Marvel), la grande qualité de Le Hobbit est le respect quasi religieux de son univers d’emprunt. Les jeux « Lego » ne s’embêtent jamais à faire un choix de personnages ou de certaines scènes… C’est bien simple, tout y est. L’autre qualité, c’est l’humour. Ici, on pourra regretter ou apprécier la présence des voix des personnages (on retrouve Jean Piat, la voix francophone de Gandalf, etc.) puisque cela apporte un plus au niveau de l’immersion mais cela fait perdre également le côté « mime », et donc un peu burlesque, des personnages Lego volontairement muets. Du coup, contrairement aux précédents jeux sur base de Lego, Le Hobbit est plus fidèle au film et donc moins décalé. C’est un choix, pas particulièrement mauvais mais peut-être légèrement regrettable. À cela, pourra-t-on ajouter que c’est toujours un plaisir d’entendre la totalité de la bande originale d’un film (ici, du grand Howard Shore) dans ce type de production.

Le Hobbit« Les Baggins (…) étaient très considérés, non pas seulement parce que la plupart d’entre eux étaient riches, mais aussi parce qu’ils n’avaient jamais d’aventures et ne faisaient rien d’inattendu. » Tolkien

Testé sur Playstation 4, le jeu est très joli. Disons qu’il caresse la rétine sans pour autant impressionner outre mesure. L’effet plastique des personnages et des éléments du jeu fait toujours son effet et l’intégration dans des décors un peu plus réaliste ne gêne pas tant que ça. Hors la thématique qui est forcément nouvelle (ou presque), on retrouve un gameplay qui, d’une part, est très varié (quoique péniblement fouillis par moment), et d’autre part, s’adapte particulièrement bien à la communauté que l’on manipule, soit les nains (et par extension, le pauvre Bilbon qui n’avait rien demander et surtout pas de réaliser ce genre d’aventure, en utilisant les termes de Gandalf, aussi suicidaire !). Ainsi, Le Hobbit intègre une notion de craft simplifié où l’on met à contribution l’utilisation de leurs haches et autre gros marteaux. Divers matériaux sont ainsi disséminés dans les (trop ?) grands niveaux et permettent de progresser en construisant un pont ou une grosse clé.

Le Hobbit

Lego Le Hobbit permet de rejouer avec tous les personnages du prequel du Seigneur des anneaux. 

L’autre point fort du jeu est donc sa variété. La danse des assiettes (lors du repas improvisé chez Bilbon) ou le combat des trolls est l’occasion de faire varier un peu le gameplay. Le Hobbit propose également des montages semi-automatiques d’objets plus ou moins gros. C’est un élément de jeu provenant tout droit de Lego : La Grande Aventure (du long-métrage éponyme). À certains moments, il est demandé de choisir la bonne pièce à placer en sélectionnant un élément sur un listing circulaire. Comme n’importe quelle construction inhérente au genre (les Lego ça construit et ça se construit, tout le monde le sait) ces petites phases rapportent un certaine nombre de pièces et pénalise le mauvais choix de pièce. L’idée est sympathique mais ne sert, dans l’absolu, pas à grand-chose.

Le Hobbit

Comme tous les jeux Lego, Le Hobbit suit scrupuleusement la narration du film (et, bien sûr, du livre d’origine). 

Très jouable en solo, le jeu prend toujours de l’ampleur à deux où la collaboration est de taille. Et d’ailleurs, elle permettra de corriger l’un des autres défauts du jeu : le switch parfois un peu maladroit des personnages. En appuyant sur triangle, vous pourrez passer d’un personnage à l’autre mais c’est rarement le bon que vous contrôlez, exigeant de s’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à ce que l’on veut faire. C’est d’autant plus frustrant que Lego Le Hobbit profite allégrement des compétences de chaque personnage (Bombur, le gros nain, peut, après s’être goinfré, servir de matelas pour rebondir, et Thurin, le leader des nains, est plus téméraire et peut être plus utile à l’attaque. D’autres sont également plus aptes à récupérer des ressources).

Le Hobbit

Petit, peureux et absolument non préparé à l’aventure qu’il va vivre, Bilbon Sacquet se révèlera être un « cambrioleur » hors pair. 

Si le mode histoire propose déjà une belle durée de vie, c’est sans compter le mode libre qui permet de revenir dans les zones visitées pour y accomplir les objectifs non réalisés et en faire d’autres rajoutés pour l’occasion. Les quêtes sont assez simples mais plutôt variées, elles aussi. Si vous connaissez bien la saga et que ça ne vous a pas vraiment convaincu jusqu’ici, ce nouveau volet sera pourtant du même acabit. Les personnages sont assez lents (essayez de courir avec des jambes de Lego, vous !), des pièces semées dans les coins vous poussent régulièrement à dévier de votre trajectoire et, comme si cela faisait partie de leur patrimoine génétique, les personnages sont violents – à leur manière ! – et cassent tous ce qu’ils voient. Ainsi, vous passerez votre temps à tester n’importe quelle structure (voir n’importe quel personnage, à ses risques et périls !) en tentant de briser tout sur votre passage.

Le Hobbit

Comme dans tous les jeux Lego, le coopération est la clé du succès. Lego Le Hobbit se joue bien seul mais acquiert une autre dimension à deux joueurs. 

En résumé, Lego Le Hobbit ne révolutionne pas le genre. Ceux qui n’aimaient pas le concept ne vont pas accrocher davantage. Le jeu s’appuie sur ses acquis en ajoutant quelques particularités bienvenues. Plus amusant à deux que seul, respectueux comme jamais de l’univers dont il s’inspire, ce n’est pas encore avec cet opus que l’on se lassera, tant est qu’on soit fan de l’univers de Tolkien transposé par le très apprécié Peter Jackson. Regrettons tout de même l’inhérent fouillis lors des combats, le fait que l’on doive constamment briser tout ce qui se trouve à l’écran et que le troisième film, une fois sorti, impose le paiement post-achat du jeu via un DLC.

Les plus :

  • Comme d’habitude, le jeu est d’une fidélité déconcertante à son univers d’origine
  • Une bonne durée de vie (le jeu couvre les deux premiers films)
  • Le jeu propose un monde relativement ouvert où il y a de nombreuses choses à faire

Les moins :

  • Parfois, les plans fixes empêchent d’avoir une visibilité optimale
  • Quelle violence, ça casse, ça casse et ça casse encore !
  • Les combats sont souvent brouillons
  • Le troisième film ne sera pas adapté dans un jeu complet mais juste en DLC (on aurait pu espérer un peu de logique au niveau du jeu afin de proposer le tout d’un seul trait…)
  • On a toujours cette envie de récupérer toutes les pièces (de monnaie) ce qui rend la navigation dans les niveaux longue et lente (sans compter que ça peut être assez frustrant)

Note : 3/5