Critique du livre Reincarnation Blues

Second roman de Michael Poore, Reincarnation Blues navigue pleinement dans un ton comparable à celui d’immortel((le)s bien connu(e)s. Car l’on y remarque tout autant que vivre 10 000 vies, peut plus que jamais éloigner du bonheur.

Reincarnation Blues

Effectivement, pouvoir continuellement se réincarner, permet de se lancer dans des tas d’expériences, de voyager… Comme l’on peut le découvrir au travers du personnage principal de Reincarnation Blues : Milo. Bien sûr, toutes ses vies sont également jonchées de ce qui pourrait s’avérer le plus important : les rencontres ! Et il en fera des tas. Amitié ou davantage, de tout âge, de tous les milieux, mais aussi de toutes les époques.

Ce qui évidemment risque de provoquer une déchirure à chaque séparation. Pour finalement devoir tout recommencer, ailleurs, avec d’autres personnes. Mais entre ces tranches d’existence, Milo vogue dans l’Après-vie. Finalement son point de repère et donc le seul moment où il peut retrouver les mêmes connaissances. Et par conséquent, tisser des liens avec des entités qu’il retrouvera. On pense principalement à la Mort elle-même. Notre héros n’en a pas peur, loin de là. Plus affectueusement appelée Suzie, celle-ci lui fera perdre la tête (au propre comme au figuré), ainsi que la raison. On se demande même s’il ne souhaite pas un décès survenant de plus en plus rapidement, afin de retrouver celle qui le fait vibrer et pas pour de faux.

Reincarnation Blues

Un hic existe, Milo est déjà passé par 9 995 vies. Seules 10 000 peuvent être vécues pour fusionner avec l’Âmultime. S’il ne parvient à atteindre ce but, il plongera dans le Néant, une fois son total écoulé. On le suivra donc durant moult de ses pérégrinations. On découvre ainsi durant Reincarnation Blues, des histoires plus ou moins courtes, reflétant plusieurs de ses vies. Toutes les caler en aurait fait le livre contenant le plus de pages. Nous vous évoquions les différentes époques et cela n’est pas peu dire. On part ainsi de 2017 (année de sa sortie originelle), pour voyager dans le millénaire suivant ou bien encore dans celui le précédant. Sur la Terre ou non. Où le concret d’aujourd’hui : employé d’une catastrophique chaîne de « restauration » à l’hygiène aussi douteuse qu’un métro, se mêle à des atmosphères de science-fiction.

Les pans de vie très variés de Reincarnation Blues sont une immense force. Tant les situations changent et offrent à l’auteur de nouvelles perspectives aussi humoristiques, que sensibles. Forcément, on ne peut que se projeter dans chaque déchirement relationnel. Parfois même avant que Milo n’arrive à la fin de la vie en question. On pense particulièrement à cette famille qu’il a eu l’occasion de former et à laquelle on s’attache vite, sur fond de scénario catastrophe SF. Pour finalement voir à quel point la raclure humaine peut décider de détruire l’autre, pour son propre profit.

Conclusion

Qui veut vivre pour toujours ? Un titre définissant bien Reincarnation Blues. Car si Michael Poore sait nous distraire puisque l’on retrouve beaucoup d’humour, la dureté des situations qui échappent à Milo touche forcément. Des passages auxquels s’ajoute son autre vie, celle avec Suzie, offrant un original relief.