Test de Darksiders III (Xbox One)

L’histoire derrière la création de Darsiders III est on ne peut plus tumultueuse, ce dernier n’aurait pu jamais voir le jour suite à la faillite de l’éditeur THQ et la dissolution des développeurs de Vigil Games. Heureusement Gunfire Games, nouveau studio fondé par une partie des membres de Vigil Games décide de reprendre le flambeau pour le plus grand bonheur des fans des 4 cavaliers de l’apocalypse. Après un premier épisode loin d’être dénué de qualités à défaut d’originalité, et d’un second épisode qui commençait à trouver sa propre personnalité, Darksiders revient ainsi avec un troisième opus qui tente encore une fois une approche différente.

Darksiders III

La pêche capitale ?

Le premier Darksiders bénéficiait surtout d’un univers original créé par Joe Madureira. Ce dessinateur avait quitté Vigil Games suite à sa fermeture pour travailler sur l’adaptation de son comics inachevé : le sympathique Battle Chasers. Niveau gameplay, Darksiders bouffait à tous les râteliers, empruntant à Zelda pour sa progression, Devil May Cry pour son système de combat et tout un tas d’autres jeux comme Prince of Persia ou encore Portal pour certaines énigmes. Malgré un manque flagrant d’originalité, ce que faisait Darksiders, il le faisait bien, cela contribua à lui faire gagner une belle aura auprès des joueurs.

Darksiders III

Darksiders II quant à lui commença à insuffler à la série ce que l’on pensait être un semblant de personnalité, lui apportant tous les codes de l’action RPG. Avec de prime abord, un équipement qui loot à tout bout de champ, tout en passant par le level up et le craft, le tout mixé à de la plateforme made in prince de perse ainsi qu’aux fameux donjons façon Zelda. Oui, cela en faisait un bon gros melting-pot, mais le tout fonctionnait à merveille.

Pour résumer brièvement le scénario des 2 premiers épisodes de Darksiders, sachez que cette série met en scène les 4 cavaliers de l’apocalypse, avec comme idée de départ le contrôle d’un cavalier pour chaque jeu. Dans le premier opus, l’on y contrôlait War, qui, après avoir subi un coup de Trafalgar magistrale, créait accidentellement l’apocalypse sur terre. Ce dernier un peu énervé de s’être fait manipuler comme un enfant de chœur, obtiendra la chance de se dédouaner de tout le bordel qu’il a indirectement causé sur terre, en y cherchant les véritables responsables. Dans Darksiders II, l’on y incarnait Death qui décidait de venir au secours de son frère War en désobéissant au conseil ardent qui avait condamné ce dernier. Death partira alors à la recherche de preuves prouvant l’innocence de War.

Darksiders III

Ainsi Darksiders III se passe dans un monde post-apocalyptique où la nature aurait repris ses droits. Cela donne la plupart du temps de chouettes environnements accompagnés d’une direction artistique lorgnant comme ces prédécesseurs, du coté du comics. On y dirige cette fois Fury, unique femme du groupe, qui se fout royalement d’innocenter War toujours emprisonné.

Le conseil ardent lui ordonne de rétablir l’équilibre sur terre en détruisant l’incarnation des 7 péchés capitaux. Par une poussée d’égoïsme et sans doute aussi par un féminisme exacerbé, Fury accepte à la seule condition qu’on lui octroie la direction des 4 cavaliers de l’apocalypse, parce que 3 mâles bodybuildés mais incompétent, c’est beaucoup trop. Bien heureusement on évitera les clichés éhontés et les sentiments de Fury se révéleront beaucoup plus profond qu’il n’y paraîtra au départ.

Darksiders III

En terme d’exploration, les composantes plateformes présentent dans Darksiders II ont tout simplement disparues. Death, le héros de Darksiders II possédait une palette de mouvement importante permettant une exploration variée. Dans Darksiders III, nous sommes face au minimum syndical, le classique double saut, à la possibilité de se hisser en haut d’une corniche et de s’agripper à certains endroits avec son fouet afin de franchir certains précipices.

Too Dark !

Là où ses aînés piochaient ça et là à des séries bien connus, Darksiders III décide d’aller voir ce qu’il se passe du coté d’une autre série « Dark » et un peu plus dans la mouvance actuelle, le bien nommé Dark Souls de chez From Software. Ainsi Darksiders 3 reprend le système d’XP à base d’âmes récoltées, une certaine exigence au niveau des combats, aucune map ainsi que l’accent sur l’exploration.

Darksiders III

Les changements par rapport à Dark Souls sont légers, les brasiers sont remplacés par le fameux démon Vulgrim, qui servira également de marchand et de téléporter. Si vous perdez la vie, vous laisserez simplement une sorte de spectre réunissant vos âmes à l’endroit ou vous trépasserez, si vous mourrez 2 fois d’affilé vous laisserez simplement un deuxième spectre sur place et ainsi de suite.

Pour faire simple, rendre son dernier souffle à la chaîne ne constituera aucunement la perte des âmes récoltées. Cela ne fonctionne pas trop mal et même si le level design est très loin d’égaler celui d’un Dark Souls, Darksiders III s’en sort malgré tout plutôt bien.

Darksiders III

Darksiders III est très loin d’être désagréable à l’œil, surtout pour les amateurs de comics, la D.A affiche un charac-design réussi et de bien jolies couleurs sur des environnements variés. Néanmoins on ne peut s’empêcher de ressentir que graphiquement, le jeux semble un peu en dessous de la concurrence et ne le sépare pas beaucoup des ravalements de façade génération PS4/One effectués sur ses 2 grands frères.

Là ou Darksiders III s’en sort beaucoup moins, c’est au niveau de sa technique, celle-ci accuse de nombreuses chutes de framerate. Le pire étant les temps de chargement imprévisibles intervenant comme ça, en pleine exploration et avoisinant en moyenne les 4 secondes. En plus de gâcher le plaisir, ces derniers peuvent s’enchaîner plusieurs fois, avec 10 mètres d’intervalles entre chaque loading.

Darksiders III

Inutile de vous faire un dessin, les combats contre les boss sont sans surprises les moments ou vous mourrez le plus souvent. Après votre 2éme ou 3éme défaite, vous aurez sans doute l’envie de retraverser toute la zone à l’arrache, en courant et si possible en esquivant tous les ennemis, et là, c’est le drame. Vous vous mangerez au moins 4 loading à la chaîne tout en constatant tranquillement l’apparition de la moitié des éléments du décors ainsi que des textures qui vont avec.

Concrètement, on se rend compte que Darksiders III met des ennemis pour vous barrer la route le temps de charger la zone d’après. On se souvient avoir eu ce genre de mauvaise surprise dans Darksiders II,  néanmoins cela était relativement rare. Il est pourtant toujours possible que quelques mises à jour viennent changer la donne à l’avenir.

Darksiders III

Montre moi ton coté sombre

Malheureusement pour Darksiders III, tout le monde ne peux se targuer d’être Dark Souls. Le titre de From Software, en partie grâce à des graphismes tout juste honnêtes face à la concurrence de l’époque, avait réussi à esquiver tout ces désagréments dû aux chargements intempestifs. Pourtant, Darksiders III loin d’être au niveau de ce que fait la concurrence graphiquement, n’arrive pas à contourner ce problème, qui, tout juste gênant au départ, devient au fur et à mesure des parties véritablement dérangeant.

Refusant d’y ajouter l’exigence de gameplay et la difficulté inhérente à la saga Dark Souls, sans doute par peur de perdre totalement la plupart des fans de Darksiders, le « Dark » de Gunfire Games se retrouve le cul entre 2 chaises. Ce dernier tente de faire du Dark Souls tout en conjuguant cela avec les composantes de gameplay apparues dans Darksiders.

Darksiders III

A savoir quelques énigmes, des combats nerveux style beat’em all réunissant les quelques subtilités que le genre peut comporter, comme un timing serré pour les esquives et différentes armes venant apporter un vent de fraîcheur à des combos parfois redondant. Le tout est de savoir si les fans de la première heure attendait vraiment que la série emprunte un tel sentier. Dommage pour ceux qui avait apprécié la recette A-RPG mise en place dans Darksiders II.

Darksiders III

Cela dit, coté difficulté, Darksiders III reste quand même le plus dur des 3 épisodes. Mais il est dommage que cette saga qui commençait enfin à trouver ses marques, décide de repartir à zéro en copiant une série à la mode, et dont les clones, certes parfois réussis, n’en finissent plus (Nioh, The Surge, Lord of the Fallen, Code Vein…). Il aurait été préférable que Darksiders III se raccroche à la plupart des idées mis en œuvre dans le second opus, celui la même qui commençait à conférer de la personnalité à cette licence plutôt que reprendre maladroitement les codes d’une autre saga « Dark » en vogue actuellement. Reste un univers et une direction artistique propre à Darksiders qui pourront sans doute convaincre les moins réticents.

Conclusion :

Difficile de conseiller Darksiders III aux fans de la licence tant celui-ci reprend ses composantes de gameplay à la série de From Software, cependant, n’est pas Dark Souls qui veut, la technique du jeu et surtout ses temps de chargement de l’apocalypse viendront sans doute achever ce qu’il restait d’espoir chez vous. Malgré tout ce troisième opus reste un bon jeu, agréable à parcourir et à explorer tant qu’aucun chargement ne pointe le bout de son horrible nez. Même si Darksiders III est bien plus exigeant que ses 2 aînés, il reste une sorte de Dark Souls simplifié et mixé avec le premier opus des cavaliers de l’apocalypse. Donc si vous appréciez Dark Souls à sa juste valeur, et que les 2 premiers épisodes de Darksiders vous avez laissé un très bon souvenir, tentez votre chance au coté de Fury pour l’aider à faire mordre la poussière aux 7 péchés capitaux.

Les plus :

  • Enfin la suite des aventures des cavaliers de l’apocalypse !
  • Une très bonne D.A, surtout pour les amateurs de comics et de Madureira
  • Level design bien sympathique
  • Combats plutôt cool et exigeants…

Les moins :

  • … Mais beaucoup moins riches que dans le 2éme épisode.
  • Une VF globalement moyenne
  • Les temps de chargement intempestifs qui interviennent en pleine exploration
  • Techniquement en dessous de la concurrence

Note : 3,5/5

*Les diverses captures d’écran sont directement issues du site de l’éditeur