Test de Onimusha: Warlords (PS4)

A l’époque de sa sortie sur PS2, la nouvelle licence de Capcom était vue comme un Resident Evil à la sauce samouraï, ce qui résume assez bien le titre dans la mesure ou le game design est similaire à la célèbre série horrifique de Capcom. Vous incarniez Samanosuke Akechi qui défouraillait du démon aussi vite qu’un occidental s’enfilerait la bouffe d’un Kaitenzushi. L’aventure se déroulait dans de jolis décors du Japon médiéval tout en pré-calculés. Avec en prime l’acteur Takeshi Kaneshiro qui prêtait ses traits de BG atomique à un Samonosuke polygonal, Bref, on nous avait vendu du rêve en 2001, mais la recette prend elle encore en 2019 ? C’est la réponse que va essayer de nous donner le studio Néobards Entertainment, responsable de cette remasterisation.

OnimushaPour restituer le contexte, Onimusha se place en pleine ère Sengoku (XV-XVIeme siécle), une période en proie à la guerre à travers tout le Japon. Le Clan Oda dirigé par Oda Nobunaga (personnage historique très souvent repris dans la culture populaire) affronte le clan Saito, dont fait partie notre héros, l’éminent Samouraï Samanosuke Akechi (personnage fictif mais descendant d’un Samouraï ayant vraiment existé).

Alors que les troupes de Oda mènent la bataille, le seigneur de guerre Nobunaga se languit déjà de sa victoire. Mais alors que ce dernier rit aux éclats, le pauvre bougre se prend une flèche en pleine trachée, sans doute balancée par un campeur habitué des Callof.

OnimushaOda Nobunaga, frustré de ne pas pouvoir faire la guerre à travers tout le pays, va décider au seuil de la mort de pactiser avec les démons. Revenu d’entre les morts, il fait enlever pour des raisons mystérieuses, la princesse Yuki du clan Saito. Ce qui fout forcément en rogne notre héros Samanosuke, accompagné de sa coéquipière, Kaede la jolie Kunoichi. Mais alors que notre héros tente de rattraper les assaillants de la princesse, celui-ci se retrouve nez à nez avec un démon Genma qui lui apprend comment jouer au Baseball.

Sport encore inconnu de Samanosuke jusque là, ce dernier campe pourtant le rôle de la balle avec maestria. Après le home run enflammé que celui-ci vient de se prendre, notre héros se retrouve dans le monde des songes où un Oni, démon dont le clan fût réduit à l’état de servitude par les Genmas, lui confère la puissance de vaincre ses ennemis à l’aide d’un gantelet magique.

Onimusha   Onimusha

Malgré toutes ses qualités, Onimusha fût souvent pointé du doigt à cause de sa jouabilité similaire à un Resident Evil, qui ne correspondait finalement pas à un jeu avec une action bien plus nerveuse. Concrètement le personnage avance en appuyant sur le bouton haut, recule avec le bouton bas et pivote sur la gauche ou sur la droite avec les 2 autres directions.

Sorti il y a quasiment 20 ans, les défauts de l’époque liés aux différents points de vue à la 3 ème personne sautent forcement un peu plus aux yeux. L’action bien plus dynamique qu’un Resident Evil, pose parfois problème lorsque vous combattez, heureusement le bouton R1 permet de se maintenir face à l’ennemi le plus proche, en plein combat il est donc plus aisé de se retourner sur soi même pour frapper les nuisibles. Dans le même ordre d’idée le bouton de garde agit à 360 degrés, donc n’ayez pas peur des coups dans le dos par un ennemi qui arriverait d’un angle mort.

OnimushaPetite piqûre de rappel pour les combats, Samanosuke dispose d’un seul bouton d’attaque, mais selon la direction que vous donnerez, les attaques seront légèrement différentes. Notez que notre vaillant Samouraï récupérera 3 autres armes (sans compter l’arc) qui lui permettront de faire appel à des attaques magiques surpuissantes. Votre gantelet vous permettra de ramasser toute les âmes des créatures et autres guerriers zombifiés que vous pourfendrez.

Grâce a cela vous pourrez upgrader vos armes qui changeront de formes à chaque niveaux. Vous pourrez notamment vous servir de vos âme pour transformer vos herbes médicinales en un médicament plus puissant, idem pour vos flèches que deviendront enflammées après avoir été boostées.

Onimusha   Onimusha

Tout comme la série des Bio Hazard, vous aurez à trouver les bonnes clés pour les bonnes serrures ainsi que les bonnes emblèmes sur les bons socles. Il faudra également faire appel à un tout petit peu de votre matière grise afin de résoudre quelques puzzles sympatoches mais loin d’être dithyrambiques. La difficulté de ces derniers sont variables, mais l’on se souviendra surtout de celui à réaliser après avoir pris le contrôle de Kaede.

Vous devrez effectuer un puzzle dans un laps de temps précis au risque de voir notre cher Samanosuke tenter de respirer sous l’eau. Dans le cas contraire vous devrez vous retaper la cinématique et les 3 puzzles d’avant. Les énigmes les plus complexes sont sans doutes les coffres qui vous demandent de remettre les bons chiffres dans l’ordre avec un déplacement limités de ces derniers, mais pas d’inquiétudes, rien de quoi vous tirer les cheveux non plus.

OnimushaBien heureusement ce remaster d’Onimusha n’arrive pas les mains vides, celui-ci propose désormais une jouabilité au choix, ou vous utilisez la croix directionnelle et conservez les sensations d’époque, ou alors une jouabilité plus fluide qui permettra à Samanosuke d’aller dans la direction souhaitée d’une simple pression du stick gauche.

Mais malgré tout son confort cette nouvelle jouabilité connait elle aussi quelques petites failles, car les changements de point de vue intempestifs auront vite fait de vous dérouter. Rappelons que le game design d’Onimusha comporte des cameras fixes sous différents plans, par conséquent cela rend souvent l’action confuse et peut vous faire perdre vos points de repère.

Onimusha   Onimusha

Cela est toujours rédhibitoire concernant les jeux avec plusieurs angles de vue, la direction que vous donnez à votre personnage ne sera par forcement la même au prochain écran, par exemple vous suivez Samanosuke de dos le long d’un couloir qui tourne sur la droite et arrivé au bout du couloir, le plan change et vous vous retrouvez avec notre héros qui fait face à la camera.

Vous aurez naturellement tendance à vouloir recorriger la trajectoire de votre personnage. Le soucis est que si vous avez lâché le stick entre temps, selon le placement de la caméra au prochain écran, la gauche peut tout aussi bien devenir la droite, cela peut donc vous être fatal lors d’un combat.

Onimusha   Onimusha

Néanmoins, cette jouabilité reste à mon sens un point positif qui demande un petit temps d’adaptation. Car nombreux sont les joueurs à avoir mis de coté Onimusha à l’époque pour sa jouabilité particulière. L’autre point très positif concerne les doublages, enfin , Samanosuke, Kaede et tous les autres personnages d’Onimusha parle en japonais. Car rien de tel qu’une bande de Samouraï qui parle un anglais parfait sur leur terre natale pour vous sortir totalement du contexte.

Rappelons quand même (l’instant culturel) que nous sommes en plein Sengoku Jidai (XVeme-XVIeme siécle) et que le Commodore Perry ne se pointera pas au Japon pour le forcer à ouvrir ses portes aux marchés étrangers avant le milieu du XIX siécle (C’est fou ce qu’on peut faire avec des gros bateaux et des gros canons). Dans tout les cas, cela était d’autant plus absurde de voir Oda Nobunaga maîtriser la langue de Shakespeare au XVIéme siècle.

Onimusha

Graphiquement, notons bien heureusement une remasterisation correcte, avec un lissage des textures tout à fait honnête pour un jeu qui semble un peu plus fluide qu’à l’époque de notre bonne vieille PS2. Pour le reste, Onimusha conserve ce qui a fait son charme avec un Japon médiéval superbement retranscrit, ainsi qu’une ambiance horrifique délicieuse qui transparaît parfaitement à travers les nombreux parchemins que vous aurez à découvrir.

Aux abonnées absentes, on pense forcément aux « superbes compostions » de Mamoru Samuragochi qui sont passées à la moulinette, comme c’est le cas pendant la cinématique d’intro. La réponse évidente aux remplacements desdites musiques, vient du fait que Samuragochi a avoué en 2014 qu’il utilisait un « nègre » pour concevoir ce que l’on croyait être ses œuvres. Néanmoins les nouvelles compositions orchestrales sont tout de même de bonnes factures, même si elles n’atteignent pas les originales.

Onimusha   Onimusha

Conclusion

Quasiment 20 ans après, Onimusha demeure tout aussi tranchant et séduisant qu’un katana forgé par Muramasa Sengo lui même. Cette pépite conservée dans un écrin encore plus attirant garde tout son charme et corrige même certains défauts qui rétrospectivement, mettent en lumière de nouveaux soucis. Néanmoins, après un petit temps d’adaptation, le charme opère toujours, l’ambiance est là, horrifique à souhait avec tout ce que comportaient de fascinant les légendes du Japon médiéval. De même, ses plans cinématographiques réalisés avec soin, font toujours échos au chef d’œuvre qu’était Onimusha.

Le seul véritable bémol sur la partition concerne sa durée de vie, toujours aussi courte. On espère en tout cas que cette remasterisation d’Onimusha permettra à Capcom d’envisager la sortie du deuxième épisode avec la même qualité de traitement. Et gageons que cela n’est qu’un prétexte pour le célèbre développeur japonais, afin de prendre la température pour un véritable retour de la licence.

Les plus :

  • Un jeu qui conserve un charme fou
  • Une ambiance façon Japon horrifique tout à fait séduisante
  • Un game design qui fonctionne encore 20 ans après
  • La nouvelle jouabilité bien plus naturelle
  • Takeshi Kaneshiro ne vieillira jamais !

Les moins :

  • Durée de vie assez faible, comptez 7 à 8 heures grand max

Note : 4/5