Test de The Legend of Zelda – Link’s Awakening

Forcément l’adaptation, parfois le simple portage, d’une légende sur une nouvelle console s’avère épineux. Car si l’intention est toujours intéressante pour le public, qui ne peut disposer de l’ancienne console et du logiciel allant avec, un bon résultat n’est pas toujours suffisant. Puisqu’ il est constamment attendu de pied ferme par les aficionados du « c’était mieux avant ». Qui pour la plupart n’ont même jamais joué à l’édition originelle et ici en l’occurrence, à The Legend of Zelda – Link’s Awakening.

Lost

Échoué sur l’île de Cocolint, notre bon vieux ou plutôt jeune Link a au la chance d’être secouru par des gens du coin. La sémillante Marine et le comique de service Tarkin en tête. Toutefois au cours de son périple, notre héros rencontrera moult autochtones. Avec des histoires propres, que l’on a plaisir à découvrir, mais qui en parallèle touchent l’expérience davantage qu’au niveau du scénario. La narration s’avère éminemment importante, tant elle nous révèle un monde et un Legend of Zelda qui sait nous prendre à revers. Un volet qui bouleverse les codes, ce qui le rend d’autant plus intrigant. Quoi qu’il en soit, l’on aura au préalable en tête de repartir direction Hyrule. Pour ce faire, encore faudra-t-il éveiller la divinité des lieux. Qui n’est autre qu’un Poisson-Rêve…

Link's Awakening

Super Zelda Maker

Les « refaits de » emploient différents principes selon les cas. Touchant parfois énormément à l’aventure originelle ailleurs, ici elle ne bouge quasiment pas d’un iota. En tout cas, si vous cherchez tel élément, désirez retrouver un PNJ, un endroit précis … Vous saurez où aller. L’exploration pourra donc s’avérer la même si vous le souhaitez. Avec quelques bonus annexes, qui ne changent pas l’aventure en elle-même. En ce qui concerne sa jouabilité, les 4 boutons Game Boy, dont seulement 2 pour les actions, plus sa croix directionnelle, sont balancé(e)s au donjon. L’arrivée sur Switch offre un maniement plus pratique et moins fastidieux pour la sélection d’ustensiles. Avec déjà davantage de touches, l’on peut se servir de son équipement de chaque instant, dont l’épée et le bouclier. Tout en déterminant les éléments de son choix pour le X et le Y.

Soit une adaptation qui évitera de rebuter un public, dont une mince frange aurait accepté l’approche d’époque. Même si cela est toujours intéressant de se retrouver dans les conditions à l’ancienne, un dynamisme certain s’offre ainsi à Link’s Awakening pour son exploration. Point essentiel, tant l’on parcourra les tableaux à la recherche d’objets, sans oublier les coquillages. Mais aussi tout bonnement pour les combats. Tant les simples, que les boss face à qui l’on devra trouver le point faible.

En marge de cette quête, des mini-jeux seront au programme, ainsi que la Cabane d’Igor. Mode qui donne l’occasion de construire ses donjons, en utilisant des pièces de ceux que l’on connait. On peut y voir là davantage que l’ersatz d’un potentiel The Legend of Zelda – Maker. Qui permettrait de partager en ligne ses créations, afin que tout le monde puisse les essayer, les remodeler… Ainsi qu’avec davantage de liberté créative et sûrement même de multiples les univers graphiques traversés par Link. Il suffira que le public se manifeste. Cet outil ne fait pas son apparition par hasard.

Link's Awakening

amiibo’s Awakening

En changeant de plateforme, avec quelques différences radicales, comme l’écart d’âge ou encore la palette de couleurs, Link’s Awakening ne pouvait qu’énormément évoluer visuellement. Sauf si Nintendo décidait de conserveur la saveur de l’écran monochrome GB. Ou encore de juste en passer par un effet Super Game Boy. Il n’en est rien et le choix graphique en surprendra plus d’un(e). Malheureusement pour une partie il s’agira de la même raison que pour Wind Waker. Comme si une licence avait l’interdiction d’alterner les directions artistiques et d’innover. D’ailleurs, cette adaptation porte en quelque sorte le même symbole. En somme, un univers mignon visuellement.

Ceci par le biais de personnages à l’aspect de joujoux rondouillards. Pas du style amiibo, contrairement à que notre piégeur titre laisse songer. Néanmoins le PVC est lui au rendez-vous. Ce qui surprend au début. Qui plus est l’attachement ne fonctionne pas nécessairement d’un clic chez chaque protagoniste. Ce rendu plastique peu détaillé est rigolo, cependant les émotions transitent moins à travers lui dans un premier temps. Même si plusieurs autres nous charmeront directement. Surtout les ennemis qui y gagnent un décalage attractif. Tandis que des ami(e)s y trouveront une bonne bouille attirante. Les environnements et objets s’avèrent eux fantastiques sur chaque détail. Et à ce propos, l’on préfère peut-être même ces touffes végétales, parmi toutes celles à désherber de la saga. En dehors de ce moteur, l’on bénéficie également de sublimes cinématiques, digne d’un dessin animé à la 2D au top.

Cette très colorée aventure, qui peut sembler lisse par son aspect physique, ne l’est en revanche pas du tout concrètement parlant. Elle sait jouer de contrastes et transmettre de nombreux ressentis rares chez les joueuses/eurs. Renforcés par une musique de haute volée réorchestrée. Déçu(e)s de ne pas retrouver la qualité sonore de la console de 1993 rangée dans votre salopette L.C. Waïkiki ?

Link's Awakening

Conclusion

L’aventure originale de The Legend of Zelda – Link’s Awakening est pleinement retranscrite au cours de cette adaptation, qui s’octroie une maniabilité plus fluide bienvenue. Et un charme visuel inédit chez la série, qui fera forcément date. Il en adviendra peut-être de même pour la cabane d’Igor, si dans un avenir proche Link nous permet de devenir « game designer », à l’instar de Mario.

Plus :

  • Narration originale
  • Maniabilité revue
  • La cabane d’Igor…

Moins :

  • … La cabane d’Igor pas (encore) établie pour le partage massif

Note : 4/5