Critique du Cthulhu metal : L’Influence du mythe

Après s’être récemment penchés sur 2 prix Inferno du Hellfest : Dragon Blood (sa suite) et Blackwing #1 la Marque du corbeau, continuons l’enchaînement littéraire teinté du fameux festival. Cette fois, le Hellfest s’associe à Bragelonne, pour nous délivrer Cthulhu metal : L’Influence du mythe. Ouvrage où Sébastien Baert revient sur le lien entre l’univers d’Howard Phillips Lovecraft et la musique metal.

Cthulhu metal : L'Influence du mythe

On en a souvent parlé ici, H.P. Lovecraft est une influence dans bien des domaines de l’imaginaire et par conséquent, artistiques. Au-delà des siens, de tierces personnes ont sorti des livres qui lui sont consacrés. D’autres ont choisi de s’inspirer dans une voie différente, comme les jeux de société. Voire le cinéma ou encore le médium vidéo-ludique. Sans omettre la musique ! Plus précisément le metal. Le point qui nous intéresse évidemment dans cette chronique de Cthulhu metal : L’Influence du mythe.

Forcément, de par les ambiances dépeintes par HPL, les métalleux furent plus à même de s’associer à celles-ci. On imagine légèrement moins un groupe de r’n’b auto-tune ou de jazz musette. Même si le concept pourrait fonctionner. Du moins, en évoquant les écrits. En revanche, en ce qui concerne l’atmosphère glauque, sombre et mystique, là ça ne fonctionnerait pas. Quoi que l’on a entendu du « r’n’b » (tout est dans les guillemets) du 3e millénaire, qui sonne carrément glauque pour nos tympans. Mais ceci est un autre débat. Néanmoins, il permet de rebondir sur le fait que vous n’êtes peut-être pas du tout adepte de metal. Sachez que ce n’est pas pour autant que Cthulhu metal : L’Influence du mythe ne vous intéressera point. Bien entendu si vous êtes féru(e)s de Lovecraft, mais pas de telles musiques, il vous passionnera quand même.

Cthulhu metal : L'Influence du mythe

Mais les autres pourraient/devraient, être intrigué(e)s par les relations décrites. Par ce qui peut découler d’une inspiration… De véritables histoires de vie artistique et de vie tout court. Sébastien Baert ayant interviewé différents membres de groupes, pour nous relater au mieux son impact. Avec des artistes de divers courants et d’un peu partout dans le monde. Ainsi que des plus ou moins réputés. Offrant une palette riche et intéressante. Plutôt que de choisir une certaine facilité, en n’arborant que des noms connus. Qui plus est, cette influence se retrouve sous de multiples approches. Tantôt par un voile ambiant. Parfois par une instrumentation devenant digne d’une bande-son des écrits d’HPL. Où l’on retrouve autant les séquences atmosphériques, dont une introduction mystérieuse, que des moments épiques et d’autres complètement déments. Voire des paroles prenant pleinement leur source dans cet univers.

Cthulhu metal : L'Influence du mythe

Justement, l’on retrouve plusieurs pans de textes de ces artistes. Avec la version originale et la localisation en français. Ce soin du détail se retrouve aussi dans la narration de Cthulhu metal : L’Influence du mythe. Avec des chapitres, qui évitent le fouillis. On peut ainsi se plonger dans ce qu’a apporté Cthulhu en lui-même. Ou par exemple découvrir la partie dévolue à la nouvelle La Musique d’Erich Zann. Qui touche plus que jamais les 2 cultes que sont Lovecraft et la musique. Dans sa lecture, il est agréable de relever des points humoristiques, totalement dans le ton d’HPL et du metal. Des sphères laissant paraître un côté sombre et sérieux, mais qui sont généralement emplis d’humour. Ne serait-ce qu’en dehors, via des entrevues. On profite en sus de 16 pages d’illustrations, où l’on en prend plein la vue avec les pochettes mises en valeur.

Conclusion

Aussi passionnant du côté Lovecraftien, que musical, il résulte tout autant de Cthulhu metal : L’Influence du mythe, une approche terriblement intéressante sur la digestion d’une influence, par rapport à ses propres œuvres.